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Définition et rôle du Héraut

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Michel de Waulsort
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Définition et rôle du Héraut

Message par Michel de Waulsort le Lun 19 Juin 2006 - 11:35

Dans le traité du Roi rené d'Anjou sur la forme et l'organisation d'un tournoi, je ne trouve pas de rôle exactement défini pour le héraut.
Il y est généralement repris avec les "poursuivants d'armes" sans plus...

Les seuls rôles bien définis sont :
- Le roi d'armes choisi par le seigneur appelant lancant le tournoi
- les 4 poursuivants d'armes choisis par le roi d'armes (2 chez le seigneur appelant, 2 chez le défendant)
- les 4 juges diseurs (dont 2 chevaliers et 2 écuyers - 8 sont présentés par l'appelant dont 4 seront choisis par le défendant)

Exemple de similitude des rôles poursuivants-héraut au moment de la montre des heaumes :
...et quant tous les heaulmes seront ainsi mis et ordonnez pour les despartir, viendront toutes dames et damoiselles, et tous seigneurs, chevaliers et escuiers, en les visitant d'ung bout à autre, là présens les juges qui maineront troys ou quatre tours les dames, pour bien veoir et visiter les timbres: et y aura ung hérault ou poursuivant, qui dira aux dames, selon l'endroit où elles seront, le nom de ceulx à qui sont les timbres.

De même, lors d'une proclamation des juges aux tournoyeurs sur le texte de leur promesse de se conformer au règle, le traité cite :
"La promesse que lesdits seigneurs juges diseurs doivent faire faire aux princes, seigneurs, barons, chevaliers et escuiers tournoyeurs, est telle comme cy après s'ensuit: et dira le hérault des juges aux tournoyans : ... "

Je commence à penser qu'il soit possible qu'il n'y ait pas de héraut nommément défini, mais qu'est simplement qualifié de héraut celui des juges ou poursuivants qui effectue une proclamation !

Conforte encore cette hypothèse :
C'est assavoir, que l'ung des poursuivans qui plus haulte voix aura, criera par troys grandes allenées, et trois longues repposees:
OR OUEZ, OR OUEZ, OR OUEZ.
Et puis aprés ledit Roy d'armes dira en ceste manière:
Très haulx et puissans princes, ducs, comtes, barons, seigneurs, chevaliers et escuiers aux armes appartenans: je vous nottiffie de par messeigneurs les juges diseurs, que chacun de vous doyve demain...


J'en déduirais que "héraut" est peut-être un qualificatif provisoire donné à un juge ou poursuivant d'armes lorsqu'il fait une proclamation.
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Romuald de Vaisneau
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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Romuald de Vaisneau le Dim 16 Juil 2006 - 22:46

Tiré de l'encyclopédie Wikipédia...

Il existe quatre grades au sein de l'office d'armes: le roi d'armes qui supervise une marche d'armes, le maréchal d'armes qui le seconde et est amené à le remplacer, le héraut et le poursuivant d'armes qui est un apprenti héraut.

Chez les Grecs, ils sont appelés kérukes et chez les Romains, feciales, mais rien ne permet de prouver qu'il existe un lien entre ces officiers et les hérauts qui apparaissent au Moyen Âge. Ce lien semble avoir été créé au quinzième par les hérauts eux-mêmes afin de prouver l'ancienneté et la noblesse de leur office à une période où celui-ci était remis en cause.

Apparue vraisemblablement au douzième siècle (on relève une mention tirée de Chrétien de Troyes datant de la fin du douzième siècle), les hérauts d'armes sont intimement liés au développement de l'héraldique d'où ils tirent leur nom. Issus des rangs des jongleurs et ménestrels, les officiers d'armes se spécialisèrent dans les tournois, les joutes ou encore les pas d'armes. Ils les annonçaient, y menaient les chevaliers et les commentaient. A l'origine, ils n'étaient pas liés à un noble en particulier et menaient une vie d'errance, contribuant ainsi au renom de divers chevaliers. Ils relataient leurs faits d'armes partout où ils se rendaient. Ce rôle eut une influence notable sur l'office. En effet, toute l'organisation du groupe est liée aux tournois. Tout d'abord la distinction des officiers selon leurs marches d'armes correspond aux divisions territoriales des groupes de chevaliers dans les tournois. Ensuite, la hiérarchie de l'office d'armes est également assujetie, du moins sur le plan symbolique, à la chevalerie et aux tournois. En effet, comme le rappelle Olivier de la Marche dans ses mémoires, il faut sept ans à un poursuivant d'armes pour pouvoir devenir héraut. Cette durée correspond au temps nécessaire à un écuyer pour devenir chevalier.

Ce rôle en matière de tournois fit d'eux des experts en blasons, ce qui leur permit d'avoir des fonctions militaires officialisées au début du quatorzième siècle comme le montre l'ordonnance prise par Philippe le Bel en 1306 sur le gage de Bataille. En effet, il n'y avait pas d'uniforme dans l'ost féodal, et les combattants ne se reconnaissaient que par les armoiries figurant sur les bannières, les pennons ou les écus. La connaissance des blasons acquise en fréquentant les tournois permettait aux officiers d'armes de reconnaître rapidement les protagonistes et de saisir le déroulement des batailles. Ceci les rendait fort précieux, notamment au treizième siècle où les armoiries se sont individualisées. Ainsi, ils se fixèrent auprès de seigneurs en conservant certaines spécificités héritées de leur ancien statut d'errant, par exemple des fonctions de messageries et d'annonces facilitées par les immunités dont ils jouissaient (en particulier le droit de circuler librement partout où ils se rendaient). Ils acquirent aussi de nouvelles compétences, notamment dans la définition des règles en matière d'héraldique et la composition des armoriaux.

Selon les contemporains, le quinzième siècle est une période de crise pour l'office d'armes. Sans doute, le droit reconnu au moindre capitaine de s'attacher les services d'un poursuivant y est pour beaucoup. En effet, cette mesure a vraisemblablement entraîné une multiplication des poursuivants d'armes, parfois recrutés parmi des gens indignes de cet office selon leurs pairs, "de vielz menestrels qui ne poient plus corner" comme le dit le héraut Sicile. Mais, ce qui a le plus fragilisé le corps des officiers d'armes au quinzième siècle est sans doute le passage de l'ost médiéval à une armée permanente soldée. A partir de 1445 en France les compagnies d'ordonnances se substituent aux contingents de vassaux se ralliant à la bannière de leur seigneur. Le rôle militaire des officiers d'armes disparaîtra complètement après la guerre de Trente Ans, puis leur rôle héraldique disparaîtra en 1615, date de la création du juge d'armes. Paradoxalement, cette période de déclin décriée par les hérauts du quinzième siècle semble, à nos yeux, être l'apogée de l'office d'armes. En effet, il n'est qu'à prendre l'exemple de la constitution du collège héraldique français en 1406 ou encore celui des requêtes présentées aux princes présents au congrès d'Arras de 1435, pour comprendre que les hérauts représentaient un corps assez important et reconnu au quinzième siècle.

Si il y a déclin de l'office d'armes, celui-ci semble davantage se situer au seizième siècle. Ceci est sans doute dû à une conjonction de facteurs dont le principal semble être le passage du système féodal à l'État moderne qui transfère toutes les dignités au monarque et retire à la noblesse son caractère militaire. Ce mouvement s'amplifiera au dix-septième et l'office d'armes perdra ses principales prérogatives. Leur rôle héraldique disparaîtra en 1615, date de la création du juge d'armes. En 1627, le collège héraldique perdit son indépendance et fut rattaché à la grande écurie royale après la suppression de la connétablie. Quelques temps plus tard, ce sont leurs fonctions militaires qui seront remises en cause: Louis XIII sera le dernier roi de France à s'entourer de hérauts pendant la guerre de Trente Ans. Enfin, leur rôle de maîtres de cérémonies leur sera retiré au profit de l'introducteur des ambassadeurs. Par la suite, l'office d'armes, réduit, semble-t-il, à un simple élément de la pompe impériale et monarchique, subsistera en France jusqu'en 1830. Ainsi, des officiers d'armes participèrent à l'ouverture des États Généraux de 1789, aux funérailles de Louis XVIII et au sacre de Charles X en 1825. On les mentionne une dernière fois à la tête du cortège du te deum célébrant la prise d'Alger le 11 juillet 1830.


J'en déduis que le héraut est un homme qui, après avoir été de ci de là durant de longues années (période durant laquelle il est nommé poursuivant d'armes), s'est fait reconnaître et possède une certaine renommée auprès des organisateurs de tournois et autres pas d'armes. Le héraut peut très bien, de part sa popularité, se mettre au service d'un seigneur. Ou plus important, être reconnu et nommé par le roi lui-même ! Il est alors appelé roi d'armes, il peut se faire seconder d'un maréchal d'armes...

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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Invité le Ven 1 Fév 2008 - 19:01

Bonsoir,

Petite planche tirée des albums de Liliane et Fred Funcken.



Je ne sais si cette reproduction est crédible?
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Lolek
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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Lolek le Sam 2 Fév 2008 - 23:24

Difficile à dire. Lilianne et Fred Funcken ont tour à tour été les références incontournables puis des gens que les "spécialistes" considéraient comme des dessinateurs se laissant un peu trop aller dans l'interprétation. Celà dit, on voit la même chose avec les Ospreys. Les recherches en héraldique suivent les recherches en Histoire, et paradoxalement pour une matière s'intéressant au passé, elles évoluent énormèment d'année en année.
Pour en revenir à l'illustration, seuls certains peuvent éventuellement valider ou invalider cette interprétation, et comme tous les spécialistes d'une période donnée, aucun ne sera d'accord... lol!

Personnellement, je prend cette illustration au même niveau que les Ospreys : une interprétation valable à un moment donné en l'état des connaissances de l'époque (années 70-80 pour L&F.F.). Et ça reste un dessin superbe.
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Rolland de Glabbecke
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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Rolland de Glabbecke le Lun 4 Fév 2008 - 12:23

en ce qui me concerne ... je valide tout à fait ce dessin pour les années 1450 et la seconde moitié du XVe siècle ... puisque tout celà est issu d'un document contemporain : le Livre des Tournois de René d'Anjou. Rien n'est inventé, donc, pour ce dessin précis.

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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Invité le Mer 9 Juil 2008 - 19:13

Gentes Dames et Amis gentilshommes,

Dame Geneviève d'Haucourt et Sieur Georges Durivaut écrivent dans les pages de leur ouvrage "Le Blason", paru aux Presses Universitaires de France; "Au XIIIe siècle, c'étaient (les hérauts) de simples valets dont la principale occupation avait été de sonner du cor à la chasse et aux tournois, et qui, après avoir beaucoup vu et retenu, devenaient hérauts en titre."

"[...] de simples valets [...]" !!! Qui est en mesure de me confirmer cette affirmation au sein de notre noble assemblée ?

Adieu vous dis Gentes Dames et Amis gentilshommes.

Wilfried de Wahldberg

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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Invité le Ven 11 Juil 2008 - 16:46

Sieur Wilfried, sans vous offenser, je trouve que le terme "simple" valet est réducteur, car il me semble qu'à la fin du moyen-âge un valet n'est pas une simple personne, c'était une charge honorifique, dévolue aux jeunes noble, qu'un Chevalier ou un haut personnage (pour servir un Roi) pouvait se voir attribuer pour un événement particulier, exemple le valet tranchant qui s'occuper à la découpe des mets, véritable spectacle quand on connait l'allure des banquets de l'époque, bref le mot valet a une connotation péjorative que depuis le XVIe siècle (valet=larbin). Au moyen-âge servir est une notion rattachée à la noblesse.
Que quelqu'un me corrige si j'ai dit une bêtise (j'en dis souvent geek dhu )

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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Invité le Ven 11 Juil 2008 - 19:30

Ami Mark,

Vous ne m'offensez nullement car je suis d'accord avec vous.
Ce qu'affirme Dame Geneviève d'Haucourt et Sieur Georges Durivaut me semblait sujet à caution, d'où ma question.
Aussi, d'autres avis seront les bienvenus ...

Adieu vous dis Ami Mark.

Wilfried de Wahldberg

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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Invité le Ven 11 Juil 2008 - 19:59

Bonsoir,

l'encyclopédie Universalis donne cette définition :
VALET ou VARLET
Mot de la langue courante, de même origine (latin, vassaletus) que le mot savant « vassal », employé pour qualifier l'homme entré librement en dépendance pour obtenir d'un plus puissant sa protection et un bienfait. Fut au Moyen Âge qualifié de valet tout homme que sa position professionnelle plaçait sous l'autorité d'un autre : le soldat au service d'un autre (XIIe-XIIIe s.) et surtout (XIIIe-XVe s.) le salarié, domestique ou non. Le terme de compagnon concurrença celui de valet et tendit à le remplacer à la fin du Moyen Âge, en sorte que le valet ne fut plus, à l'époque moderne, que l'employé domestique
study

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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Invité le Ven 11 Juil 2008 - 20:25

Ami Michel,

Un grand merci pour votre intervention.

Adieu vous dis Ami Michel.

Wilfried de Wahldberg
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Romuald de Vaisneau
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Rôle du héraut selon Dictionnaire historique des institution

Message par Romuald de Vaisneau le Mar 9 Sep 2008 - 11:27

Extrait de
Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
De Adolphe Chéruel
Publié par L. Hachette et cie, 1855


HÉRAUT. — On fait dériver le mot héraut de l'allemand haren (crier, proclamer), d'oîi serait venu également le mot haro (voy. HARO). D'autres assignent pour origine au mot héraut l'allemand itère (armée), d'où l'on a formé heriban (proclamation de guerre, levée de troupes et impôt pour la guerre ). S Ier. Rôle des hérauts d'armes au moyeu âge. — Les hérauts d'armes avaient une haute importance au moyen âge : leur personne était sacrée comme celle des l'é- ciaux chez les Romains. Ils accompagnaient les rois, princes et seigneurs d'un rang élevé dans toutes les circonstances solennelles, faisaient les proclamations, déclaraient la guerre, proposaient la paix, annonçaient, les tournois et autres réjouissances. Le signe de leur dignité était un caducée ou bâton couvert de velours et de fleurs de lis d'or; ils portaient une riche cotte d'armes sur laquelle était brodé le blason de leurs seigneurs. Ces cottes d'armes ressemblaient à des dalmatiques, dont les demi- manches s'élargissant vers le bas, tombaient un peu au-dessus du coude. Celle du roi d'armes, chef des hérauts d'armes, était ornée grandes fleurs de lis et de France couronné. Sur l'extrémité de la
manche droite, enlisait Montjoie-Sair.t-
Denit, et sur la gauche, roi d'armes de
France. Son pourpoint et ses chausses
étaient de velours violet chamarré d'or.
La coite des simples héraut» différait en
ce que les fleurs de lis placées devant et
derrière étaient plus petites. Lorsqu'un
roi ou tout autre seigneur tenait sa cour
plénière les hérauts criaient largesse devant
lui. Un héraut d'armes qui vivait au
xv« siècle a décrit le cérémonial observé
dans ces circonstances : au moment oii
les entremets étaient servis, le maître
d'h&tel appelait le roi d'armes ou le héraut
le plus notable. Le héraut criait trois
fois largesse devant la table du seigneur et
ajoutait les titres du personnage au nom
duquel les largesses étaient faites. Tous
les autres hérauts et poursuivants d'armes
criaient largesse! largesse! largesse!
Et alors on remettait aux principaux vassaux
des robes que leur distribuait le sei- §
neur ; on partageait aux autres les débris
u festin et quelquefois on jetait de l'argent
au peuple. Cet usage était tellement
français , qu on avait conservé en Angleterre
le mot largesse , dont les hérauts
d'armes se servaient encore dans les
pompes de la royauté (voy. du Gange, Des
cours et des fêtes solennelles dès rois île,
France). Les hérauts portaient quelquefois
devant le roi de grandes coupes ou
hanaps remplis de toutes sortes de monnaies
qu'ils jetaient au peuple. Le compte
de Guillaume Charier, receveur général
des finances, qui commence en 1422,
contient l'article suivant : « A Touraine
etPontoise, hérauts du roi, la somme de
quarante et une livres six sous , en trente
ecus d'or, à eux donnée par ledit seigneur
au mois de mai 1448, tant pour eux que
pour autres héraut, poursuivants, me-
ncsirels et trompettes, pour avoir, le jour
de la Pentecôte, audit an , crié largesse
devant sa personne, ainsi qu'il est accoutumé. »
Dans un compte du i-p octobre 1452. cité également par du Cange. on lit: «A Pontoise, Berri et Guyenne, hérauts du roi, pour avoir crié largesse au diner dudit seigneur le jour et fête de Toussaint, ainsi qu'il est accoutume de faire. » Dans les tournois , les hérauts d'armes recevaient huit sous parisis pour attacher le casque de chaque chevalier au-dessus de son blason. Les chevaliers qui paraissaient pour la première fois dans la lice devaient abandonner leur heaume ou casque aux hérauts d'armes. 11 fallait encore leur payer une redevance pour le combat à la hnce, après leur avoir donné une bienvenue pour le combat M'épée. Mais quand les chevaliers avaient payé pour la lance , ils étaient quittes , suivant cet axiome féodal que la lance affranchit l'éfée , mait que l'épée n'affranchit pat la lance. Les hérauts mesuraient la lice ou devaient combattre les tenants et les assistants ; ils assignaient à chacun sa place et animaient les combattants en poussant des acclamations et répétant leur cri de guerre. Le soin de compter les morts après les batailles et de faire le partage du butin appartenait encore aux hérauts d'armes. Dans les premiers temps, ils étaient chargés de convoquer les assemblées qui se réunissaient auprès du souverain et d'y maintenir le bon ordre. Une des principales fonctions des hérauts d'armes consistait à déclarer la guerre. Les souverains , vers lesquels on les envoyait, les recevaient avec un grand ap
pareil. Une déclaration de guerre à feu et à sang se faisait quelquefois par deux hérauts, dont l'un portait une épée teinte de sang et l'autre une torche ardente. Voy. GUERRE , S !"• Les aspirants k la chevalerie devaient faire vérifier leurs titres par les hérauts et rois d'armes. On leur payait, à chaque réception, une rétribution , dont la quotité a plusieurs fois varié ; elle était tantôt d'un marc d'argent, tantôt d'un écu d'or par tête. Aux funérailles des rois, les hérauts déposaient dans le tombeau les symboles de la dignité souveraine : sceptre, couronne, epée, main de justice, etc., puis poussaient par trois fois le cri: Le roi eut mort! Relevant alors l'étendard de France, le roi d'armes s'écriait : Vive le roi ! Au xvui* siècle , le roi d'armes et les hérauts portaient, dans les cérémonies solennelles, une cotte d'armes de velours violet cramoisi , ornée devant et derrière et sur chaque manche [de trois fleurs de lis d'or. Le nom de la province dont ils portaient le titre, était aussi brodé sur leur cotte d'armes. Ils avaient une toque noireavec un cordon d'or. Aux funérailles, ils étaient revêtus d'une longue robe de deuil. Les hérauts d'armes jouissaient du privilège de commensaux du roi et de l'exemption du droit de franc fief ( voy. Guyot, Traité des offices).
A partir dn xvi* siècle, les hérauts d'ar mes perdirent une grande partie de leur importance. Ils ne lurent plus qu'un ornement des pompes solennelles. S II. Hiérarchie entre les hérauts d'armes. — II fallait passer par une hiérarchie de grades et subir de sérieuses épreuves ayant de devenir hér
aut
d'armes.
Ou était d'abord chevaucheur, puis poursuivant
d'armes pendant sept années. On
ne passait
d'un degré à l'autre do cette hiérarchie
qu'après une initiation , dont le symbole
était uneespèce de baptême du héraut,
sur la tôte duquel ou versait une
coupe de
vin 1,'étude du blason , de tous les détails
de l'art héraldique , des généalogies, etc.,
occupait le poursuivant d'armes et le près
parait à devenir héraut d'armes. Au plus
haut degré de cette hiérarchie était le roi
d'armes. On place BOUS Robert le Pieux
le premier roi d'armes, qui portaitle
nom
de Robert Dauphin. Dans la suite tous
los hérauts et autres officiers d'
armes ,
assemblés en chapitre dans l'église du
Petit-Saint-Antoine à Paris , choisissaient
celui qu'ils croyaient le plus expert
en
armoiries , et le présentaient au roi. S'il
était agréé , le roi se rendait à l'église ,
un jour de fête , accompagné de son connétable
et de ses maréchaux. Là le roi
d'armes élu se mettait à genoux devant 1s
prince, entre les mains duquel il prélait
le serment accoutumé. Lorsqu'il avait été
revêtu, par le roi lui-même, de la cotte
blasonnee de ses armes, le connétable ou
les maréchaux lui posaient une couronne
d'or sur la tête et lui remettaient un
sceptre.
11 était alors baptisé du nom de Mnnt-
joie-Saint-Denis,vi proclamé roi d'armes
par les hérauts et autres officiers d'armes
présents à la cérémonie.
On a vu reparaître des hérauts d'armes
sous l'Empire et sous la Restauration.
A l'époque impériale, leurs cottes
d'armes étaient de velours bleu semées
d'abeilles d'or ; sous la Restauration , de
velours violet avec des fleurs de lis
d'or. — On trouvera tous les détails relatifs
aux hérauts d'armes dans les ouvrages
suivants : De la primitive institution
des rois, hérauts et poursuivant
d'armes , par Jean Le Feron , Paris,
1555; Origine des chevaliers , armoiries
et hérauts, par Claude Fauchet, 1610;
Le Théâtre d'honneur et de chevalerie,
par André Favin , Paris, 1620 ; De l'office
des rois d'armes, des hérauts et despour-
wivans , par Marc de Vulson de la Colom-
bièro, Paris, 1645 ; Palais d'honneur, du
père Anselme , Paris, 1663.
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Livre des Tournois - René d'Anjou

Message par Rolland de Glabbecke le Mar 10 Mar 2009 - 11:56

B'jour à tous.

Je viens de découvrir ce site merveilleux.

http://www.princeton.edu/%7Eezb/rene/renehome.html

Toute la description de la manière dont René d'Anjou concevait l'organisation d'un tournoi en 1460, mais de traditions plus anciennes, de l'avis même de l'auteur.

Et donc fatalement, on y retrouve les prérogatives des hérauts.

Il y a quelques planches héraldiques sympathiques dans cet ouvrage.
En voici quelques-unes bien connues :






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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Invité le Sam 31 Juil 2010 - 9:56

Amusant le recrutement des "supporters" par les poursuivants:
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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par antonio conti le Jeu 1 Sep 2011 - 16:03

Chers amis, pour une définition de héraut,
Je peux vous dire, la présence sur l'Internet, de deux textes de le héraut Sicille (XV s.):

http://books.google.it/books?id=hiY6AAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=Le_blason_des_couleurs_en_armes&hl=it#v=onepage&q&f=false


http://books.google.it/books?id=zZtAAAAAYAAJ&pg=PA211&dq=Parties_inedites_de_l_oeuvre_de_Sicile&hl=it#v=onepage&q&f=false

Peut-être qu'ils sont déjà signalées?

a.

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Re: Définition et rôle du Héraut

Message par Invité le Jeu 1 Sep 2011 - 16:43

Merci beaucoup, Messire Conti ; voilà deux documents que je ne connaissais pas, pour ma part ! Very Happy

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Re: Définition et rôle du Héraut

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